Noble Charrière


 On ne suit pas toujours ses Aïeux, ni son Père  (La Fontaine)


      Il y avait dans une des provinces de France un château très ancien, habité par un vieux rejeton d'une famille encore plus ancienne. Le baron d'Arnonville était très sensible au mérite de cette ancienneté, et il avait raison, car il n'avait pas beaucoup d'autres mérites. Mais son château se serait mieux trouvé d'être un peu plus moderne: une des tours comblait déjà une partie du fossé; on ne voyait dans le reste qu'un peu d'eau bourbeuse, et les grenouilles y avaient pris la place des poissons. Sa table était frugale, mais tout autour de la salle à manger régnaient les bois des cerfs tués par ses aïeux. Il se rappelait, les jours gras, qu'il avait droit de chasse, les jours maigres, qu'il avait droit de pêche, et content de ces droits, il laissait sans envie manger des faisans et des carpes aux ignobles financiers. Il dépensait son modique revenu à pousser un procès pour le droit de pendre sur ses terres; et il ne lui serait jamais venu dans l'esprit qu'on pût faire un meilleur usage de son bien, ni laisser à ses enfants quelque chose de mieux que la haute et basse justice. L'argent de ses menus plaisirs, il le mettait à faire renouveler les écussons qui bordaient tous les planchers, et à faire repeindre ses ancêtres.



      La baronne d'Arnonville était morte depuis longtemps, et lui avait laissé un fils et une fille, qui s'appelait Julie. Le jeune seigneur avait également à se plaindre de la nature et de l'éducation: cependant il ne se plaignait pas; content du nom d'Arnonville et de la connaissance de l'arbre généalogique de sa maison, il se passait de talents et de science. Il chassait quelquefois, et mangeait son gibier avec les filles du cabaret voisin; il buvait beaucoup et jouait tous les soirs avec son domestique. Sa figure était désagréable, et il eût fallu de bons yeux pour découvrir en lui ces traits qui, selon quelques-uns, annoncent infailliblement une haute naissance. Julie, au contraire, avait de la beauté, des grâces et de l'esprit: son père lui avait fait lire des traités de blason qu'elle ne goûtait guère, et elle avait lu en secret quelques romans qu'elle goûtait beaucoup. Le séjour qu'elle avait fait chez une dame de ses parentes, dans la capitale de la province, lui avait donné quelque usage du monde; il n'en faut pas beaucoup pour rendre polie une personne qui a l'esprit pénétrant et le coeur bon.[...]

Isabella Agneta Elisabeth van Tuyll van Serooskerken (de Charrière) — Le Noble (1762)

 Pseudonyme : Belle de Zuylen, Abbé de la Tour



[...] We're talking about failure that's intentionally designed in a safe way. We’re not talking about high-stakes failure, like from an exam. When students are stuck, they feel all sorts of emotions—shame, guilt, and frustration, for example.

Our research has shown that if you think positive emotions are always positive for learning, and negative emotions are always negative for learning—that’s not true. The emotional dynamics in productive failure are far more complex. Take the child through this roller coaster ride in a safe explorative way so that they experience it, and then they have a teacher to guide them through it. And over time they learn how to deal with it, and that's when they can derive the most powerful effects of productive failure.

We want productive failure to be the norm, so that instead of thinking, “I suck at this," they’re thinking, “Okay, I'm stuck. This is normal. I need to do something about it."

Manu Kapur by Youki Terada - If You’re Not Failing, You’re Not Learning in Edutopia (September 16, 2022)


 

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